- Decameron Libero
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
Jacky Casanova écrit tous les jours des poèmes, qu’il offre par brassées…
À mon enfant
Ce ventre arrondi par un morceau d’étoile
Porte, je le sens, ce qui manque à ma vie
Une histoire où l’amour tout à coup se dévoile
Alors que je croyais avoir tout conquis.
Je l’effleure, pour bien chercher en moi
Ces instants à nul autre pareil
Ou par petit coup, il m’envoie
Ces signes qui me gardent en éveil.
Je l’écoute aussi, en y posant ma main.
Entendre raisonner le bruit de son cœur
Donne à ces moments l’éternel refrain
D’une chanson ou peur rime avec bonheur.
Je lui parle, sans prononcer un mot.
Il m’entend, mais bien sûr il m’entend
Et ces instants resteront les plus beaux
Ensemble nous gravons, tous ses rêves d’enfants.
À toi, ma fille
Tu es née au chagrin d’un hiver finissant
Quand le printemps jette ses premiers bourgeons
Tu es née de l’amour de papa, de maman
Et a construit ta vie autour de ces saisons
Aujourd’hui la chanson du bonheur cabochon
Hier l’inquiétude de ces journées si ternes
Demain, le regard tourné vers l’horizon
Pour y chercher la paix qu’éclaire une lanterne.
Un peu comme ce fleuve né des neiges éternelles
Tu as sifflé au soleil, dans tes tendres années
Puis, en grandissant, les berges sentinelles
Ont subi tes colères sans jamais s’éroder.
Dès qu’il arrive en bas et embrasse la mer
Il mélange sa vie à celle de tous les autres
Se sert de ses tumultes et oublie d’être amer
En découvrant l’amour, il peut enfin dire notre
Il n’est pas utile d’attendre d’être vieux
Pour calmer ses ardeurs, moquer ses soucis
Espérer l’éden, faire confiance à Dieu
Te rapproche de ton âme, et tu t’accomplis
Tu vis la passion des choses qu’on construit
En regardant derrière ce que tu as pu détruire
Aujourd’hui, vois, rien n’est aux orties
Et caresse l’erreur, elle ne peut te nuire.
La plénitude, tu sais, est toujours en danger
Il faut seulement juste s’en souvenir
Se rapprocher du ciel et ne pas oublier
Que la vie se goûte avec un peu de miel.
Va, encore, sur le chemin de ces belles années
Aidée par Éros ou bien par Cupidon
Tu garderas ton cœur auprès du feu sacré
Et tu le chériras, car il n’est que passion.
Ignorer ses vieux
Ignorer ses vieux, c’est ignorer l’histoire
Des choses qui se gardent, de celles à oublier
Des raisons cachées au fond de leurs mémoires
Et des paris perdus pour avoir tant chanté
Ignorer ses vieux, c’est se tromper soi-même
En criant au destin de la fraternité
Et pleurer la misère des hommes qui s’aiment
En regardant ailleurs pour vite s’oublier
Ignorer ses vieux et les voir s’éloigner
Au détour d’un chemin menant à l’abandon
Construire une vie sans jamais pardonner
Et les uns puis les autres en mal d’affection
Ignorer ses vieux, la jeunesse triomphante
En bombant le torse de tout savoir sur tout
Avance vers le mur de la détresse aimante
Pour se perdre à jamais dans le monde des fous.
Le temps
Il déroule simplement
Sans pause ni mystère
Il est toujours passant
Et jamais n’accélère
Personne ne le voit
Tout le monde le ressent
Et l’on reste aux abois
En le comptant par ans
Revenir en arrière
Pourquoi le ferait-il
Sans regarder derrière
On dit de lui qu’il file
L’homme en vieillissant
Voudrait qu’il s’arrête
Et pleure celui d’avant
Avec des larmes discrètes
Cours rattrape le
Si tu le peux encore
Car perdu il s’écoule
Et ce jusqu’à la mort
Nostalgie
Cette maison, là-bas, cachée par les ronces
Dont le toit effondré semble pleurer l’absence
Ces pierres entassées comme un coup de semonce
Au temps qui passe, dont on craint l’impatience
Ces arbres plantés par des mains aimantes
Et on en devine les caresses et les soins
Leurs troncs noueux, ce passé qui nous hante
Tant on a du mal à regarder si loin.
Ces chemins fermés que nous avons quittés
Doucement, doucement sans vraiment le vouloir
Pourra-t-on un jour de nouveau emprunter
Toutes ces voies, imprégnées de savoir
Cette eau perdue jusqu’au jour du déluge
Dont on oublie le chant doux et apaisant
Ces buissons colorés, ils sont le refuge
Des oiseaux attirés par leurs fruits alléchants
Les hommes aveuglés par tout ce qui brille
Ont choisi de brûler ce qui les nourrissait
Et toutes ces beautés aujourd’hui s‘éparpillent
On oubliera demain qu’hier elles existaient.
Le jour d’après
Sans même le chercher, nous nous sommes éloignés
Des chemins que nos vieux avaient tracés pour nous
En regardant ailleurs pourquoi donc s’aveugler
Ce qui touche les autres ne peut nous rendre fous
Construisant notre vie sur de l’empressement
À réussir bien mieux que nos pauvres parents
Nous avons parcouru et parfois défriché
Des terrains inédits jusqu’alors oubliés
Tout nous semblait acquis y compris l’interdit
La soif d’entreprendre, le plaisir d’exister
Le besoin de défendre ce que nous avions conquis
Nous poussèrent doucement jusqu’a presque tomber
Maintes fois la nature par ses troubles brutaux
Nous montra le destin que nous avions choisi
Mais toujours l’oubli comme aux jours les plus beaux
Repoussa la crainte, faibles hommes éblouis
Le temps a passé semant les différences
Poussant les uns vers tous ces gouffres ouverts
Par l’argent qui soudain était la référence
De quelques installés au diable vauvert
La grande peur ne pouvait plus attendre
Elle arriva, comme ça, quand les peuples endormis
Par tous ces fifrelins donnés juste pour vendre
Rien que des oripeaux pour calmer nos envies
Elle bouscula le monde prêt à tout céder
Aussi bien les acquis de ses glorieux combats
Que le droit de penser et bien sûr d’exprimer
Leurs droits à redire nous ne ferons pas ça
Enfin, le soleil se leva le premier jour d’après
Hésitant et pantois les gens se saluaient
En ignorant encore que rien ne changerait
Alors qu’ils avaient vu la mort de tellement près
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